Lorsque vous lancez une SAS, vous êtes souvent confronté à un choix important : conserver vos allocations chômage (ARE) ou demander l’aide au repreneur/créateur d’entreprise (ARCE). Ce choix dépend à la fois de votre besoin de trésorerie immédiate, de la nature de votre mandat social et de la stratégie de développement de l’entreprise. Ci-dessous, un guide pratique pour comprendre les règles, les démarches et les conséquences de chaque option.
Cadre général et principes
L’ARE (allocation d’aide au retour à l’emploi) peut, sous conditions, être maintenue lorsque vous créez une SALe maintien dépend essentiellement de deux éléments : votre statut dans la société (président non rémunéré, président rémunéré, salarié, mandataire social) et la réalité de votre rémunération. L’ARCE consiste en un capital équivalent à 45 % des droits ARE restants, versé en deux fois, en contrepartie d’une renonciation partielle aux versements mensuels.
Président non rémunéré : conserver l’intégralité de l’ARE
Si vous assumez la présidence d’une SAS sans percevoir de rémunération, vous pouvez en général continuer à percevoir l’ARIl est indispensable de déclarer la création d’activité à France Travail dès le début de l’activité et de fournir les documents demandés (statuts, extrait Kbis, procès-verbal de nomination). Ces éléments permettront de prouver l’absence de rémunération initiale et d’éviter des redressements.
Conseil pratique : conservez toutes les pièces (procès-verbaux, contrats, comptes) et prévoyez un suivi comptable pour justifier l’absence ou l’apparition ultérieure d’une rémunération.
Président rémunéré ou mandataire social : implications
Si vous êtes rémunéré en tant que président de SAS, la perception de l’ARE peut être réduite. France Travail recalcule les droits en prenant en compte vos revenus assimilés à un salaire ; le versement de l’allocation pourra être diminué proportionnellement aux revenus déclarés et au nombre de jours travaillés. Le régime social diffère selon que vous soyez assimilé salarié (cotisations au régime général) ou non, ce qui impacte aussi coût total et protection sociale.
Avant de fixer une rémunération, faites une simulation pour comparer : salaire faible pour préserver l’ARE versus salaire plus élevé avec cotisations et diminution de l’allocation. Un expert-comptable peut modéliser l’impact sur trésorerie et droits.
ARCE : avantages et inconvénients
L’ARCE verse un capital correspondant à 45 % des droits ARE restants, en deux échéances (la première au début du projet, la seconde quelques mois plus tard sous condition de poursuite de l’activité). Avantage principal : trésorerie immédiate pour financer investissements ou fonds de roulement. Inconvénient : vous renoncez à la partie correspondante des versements mensuels, ce qui peut fragiliser votre revenu personnel si l’entreprise met du temps à générer du chiffre d’affaires.
À prendre en compte : l’ARCE peut faciliter un démarrage rapide mais réduit la sécurité financière mensuelle. Choisissez-la si vous avez un fort besoin d’investissement initial et si vous avez une visibilité sur le retour d’activité à court terme.
Dividendes et autres revenus
Les dividendes perçus en tant qu’associé ne sont, en principe, pas pris en compte pour le calcul de l’ARE comme des salaires. En revanche, si vous combinez rémunération et dividendes, seule la rémunération est susceptible d’affecter directement l’ARAttention toutefois aux situations où des paiements ou avantages déguisés pourraient être requalifiés lors d’un contrôle.
Démarches administratives et pièces à fournir
- Déclarez la création de votre activité à France Travail dès le début de l’activité.
- Fournissez les statuts de la SAS, l’extrait Kbis et le procès-verbal de nomination du dirigeant.
- Si vous optez pour le maintien de l’ARE, conservez une attestation de non-rémunération et tout document prouvant l’absence de versement.
- Si vous choisissez l’ARCE, déposez la demande formelle et signez les documents exigés ; les versements se feront selon le calendrier prévu.
Contactez un conseiller France Travail pour valider les démarches spécifiques à votre situation et demander des simulations officielles.
Scénarios concrets et recommandations
Scénario 1 : vous avez une allocation stabilisée et pouvez vous permettre de ne pas vous verser de salaire les premiers mois. Dans ce cas, conservez l’ARE pour garder un filet de sécurité. Scénario 2 : votre projet nécessite un apport immédiat pour acheter du matériel ou lancer une production ; l’ARCE peut être préférable pour financer ces dépenses. Scénario 3 : vous envisagez une rémunération modérée dès le début — simulez l’effet sur la durée et le montant de l’ARE avec un expert.
Rappel essentiel : avant toute décision définitive, faites une simulation détaillée (expert-comptable, conseiller France Travail) pour comparer trésorerie, protection sociale et conséquences fiscales. Une bonne préparation documentaire et un accompagnement réduit fortement le risque d’erreur.
En résumé, le choix entre maintien de l’ARE et versement de l’ARCE dépend de votre besoin de trésorerie immédiat, du statut et de la rémunération du dirigeant, et de votre appétence au risque. Informez France Travail dès la création, conservez vos justificatifs et sollicitez un conseiller pour une décision éclairée.





