Mettre une association en sommeil signifie suspendre temporairement ses activités tout en conservant sa personnalité juridique. C’est une solution souvent retenue lorsque les activités sont interrompues pour raison de manque de bénévoles, de financement ou pour réorganisation, et qui évite la dissolution formelle. Toutefois, cette décision doit être actée correctement et certaines obligations doivent être maintenues pour limiter les risques juridiques et financiers.
Qui peut décider et comment l’acter ?
La décision relève de l’organe compétent prévu par les statuts : assemblée générale, conseil d’administration ou bureau. Les statuts précisent les conditions de convocation, le quorum et la majorité nécessaire. Si les statuts sont silencieux, appliquez les règles habituelles d’assemblée générale (convocation régulière, information des adhérents, tenue d’un procès-verbal).
La convocation doit indiquer clairement l’ordre du jour : proposition de mise en sommeil, durée prévisionnelle (si possible), modalités de gestion des biens et des comptes pendant la période de sommeil, et conditions de réactivation. Lors de la réunion, il convient de dresser un procès-verbal détaillé qui mentionne la date, le lieu, l’ordre du jour, le résultat du vote (nombre de votants, pour, contre, abstentions) et la durée de la mise en sommeil si elle est décidée.
Documents types à préparer
- Convocation à l’assemblée : date, lieu, ordre du jour précis et pièces jointes éventuelles.
- Procès-verbal d’assemblée : décision formelle de mise en sommeil, durée prévue et signatures du président et d’un secrétaire.
- Lettre d’information aux adhérents : motifs, contact pour questions, modalité de réinscription le cas échéant.
- Courrier aux partenaires, assureurs et bailleurs : information sur la suspension d’activité et demande de conservation ou d’adaptation des contrats.
Obligations à maintenir pendant la mise en sommeil
La mise en sommeil ne supprime pas la personnalité juridique de l’association. Les obligations suivantes doivent être conservées ou gérées :
- Assurance : maintenir au minimum une assurance responsabilité civile si des risques subsistent (locaux, responsabilité des dirigeants).
- Comptes bancaires : conserver un compte pour gérer les opérations minimales et éviter la clôture automatique par la banque ; signaler la situation au gestionnaire du compte.
- Subventions et financements : vérifier les conditions de maintien ou de restitution des aides publiques ou privées ; certaines demandes exigent des rapports même en période d’inactivité.
- Obligations fiscales et sociales : déclarations éventuelles à l’administration fiscale ou aux organismes sociaux ; si l’association emploie, maintenir la gestion des salariés (rupture ou mise en sommeil du contrat en accord avec la législation du travail).
- Archivage : conserver les archives comptables et administratives selon les délais légaux (au moins 10 ans pour les documents comptables).
- Protection des données : continuer à respecter les obligations liées au RGPD concernant les données personnelles des adhérents et bénéficiaires.
Conséquences pratiques et risques
La mise en sommeil peut entraîner la suspension de certaines activités contractuelles et la perte de visibilité auprès des partenaires. Des risques existent si les obligations légales ou contractuelles ne sont pas respectées : retrait de subventions, mise en cause de la responsabilité des dirigeants, pénalités fiscales ou sociales. Il est donc important d’informer les partenaires clés (assureurs, bail, banque, organismes financeurs) et de négocier des modalités adaptées le temps de la suspension.
Cas des salariés
Si l’association emploie des salariés, la mise en sommeil doit être gérée en respectant le droit du travail. Il est souvent nécessaire de procéder à des ruptures conventionnelles, licenciements pour motif économique, ou à des accords de chômage partiel si l’activité est seulement réduite. Ne pas régler correctement la situation des salariés expose l’association à des contentieux prud’homaux.
Procédure de réactivation
La reprise des activités se fait par une nouvelle décision formelle de l’organe compétent, inscrite au procès-verbal. Les étapes pratiques à prévoir pour la réactivation :
- Convoquer l’assemblée pour lever la mise en sommeil et voter la reprise.
- Rédiger et archiver le procès-verbal de réactivation avec signatures.
- Informer la préfecture ou la sous-préfecture si des dirigeants ont changé ou si une mise à jour des statuts est nécessaire.
- Réactiver ou renégocier les assurances, rouvrir les opérations bancaires courantes et informer les partenaires et financeurs.
- Prévoir une période de communication vers les adhérents et le public pour retrouver des bénévoles et relancer les activités.
Modèles, ressources et conseils pratiques
Des modèles de procès-verbaux, convocations et lettres types sont disponibles sur les sites officiels et les réseaux d’accompagnement associatif. Le site service-public.fr propose des fiches pratiques. Avant de décider, il est souvent utile de consulter un expert-comptable ou un conseiller juridique, notamment si l’association a des salariés, des contrats importants ou des subventions conditionnées.
Checklist rapide
- Vérifier les statuts pour l’organe compétent et les règles de vote.
- Convocation régulière des membres et tenue d’un PV signé.
- Informer adhérents, partenaires, assureurs et banque.
- Garder les obligations fiscales, sociales et d’archivage à jour.
- Prévoir la procédure de réactivation et la communiquer.
Bien menée, la mise en sommeil protège l’association et permet une reprise sereine. En cas de doute, faites-vous accompagner par un professionnel ou une structure d’accompagnement local pour éviter les erreurs coûteuses.





