La réduction des émissions de carbone a été un sujet de choix pour les producteurs d’acier et d’aluminium au cours des dernières années. Tous les pays du monde entier cherchent à réduire leur empreinte carbone au cours des deux à trois prochaines décennies pour lutter contre le changement climatique. Les entreprises d’aluminium en particulier cherchent des moyens d’augmenter leur production tout en préservant l’environnement. À cet effet, elles misent sur un aluminium à faible teneur en carbone. Focus sur l’aluminium recyclé et bas carbone !

État des lieux de la production d’aluminium

En 1995, l’industrie mondiale de l’aluminium a produit environ 364 millions de tonnes courtes (363,2 millions de tonnes métriques) de dioxyde de carbone (CO2eq), soit un taux de 16,5 tonnes de CO2eq par tonne d’aluminium primaire produite. Ce chiffre représentait environ 1 % des émissions mondiales cette année-là. À cette époque, la production réelle d’aluminium s’élevait à environ à 22 millions de tonnes métriques, soit 24,25 millions de tonnes courtes.

En 2018, la production d’aluminium est passée à 64,4 millions de tonnes métriques par an (près de 71 millions de tonnes courtes) avec une empreinte d’environ 12 tonnes d’équivalent CO2 par tonne : la référence mondiale pour l’aluminium recyclé est de 4 tonnes d’équivalent CO2 par tonne d’aluminium produite. Compte tenu de ces chiffres, une amélioration des processus de transformation est primordiale pour réduire la pollution de l’environnement et obtenir un aluminium à faible émission de carbone.

L'aluminium recyclé

Des solutions pour une meilleure exploitation de l’aluminium

La fonte est considérée comme le principal responsable de l’augmentation des émissions de CO2 dans le processus de fabrication de l’aluminium. Elle nécessite plus d’énergie, laquelle est souvent alimentée par du charbon/des combustibles fossiles. Une solution populaire dans l’industrie consiste à utiliser des centrales hydroélectriques pour fournir de l’électricité aux fonderies, réduisant ainsi efficacement l’empreinte carbone. Les parcs solaires ou éoliens sont également envisagés pour remplacer l’électricité à base de combustibles fossiles.

Une autre étape essentielle pour réduire les émissions de CO2 est le recyclage. En produisant de l’aluminium secondaire à partir de ferraille, le processus d’extraction et de raffinage de la bauxite en alumine est raccourci, réduisant ainsi les émissions. L’aluminium étant recyclable à l’infini, il est possible d’atteindre un taux de recyclage de 100 %.

La production secondaire nécessite beaucoup moins d’énergie et peut compenser l’empreinte carbone de la production primaire. Cependant, cet avantage est perdu lorsque les produits en aluminium en fin de vie ne retrouvent pas leur chemin dans la boucle de recyclage. Les scories d’aluminium, une qualité secondaire populaire utilisée pour le recyclage, se dirigent vers les décharges depuis des années. Ce n’est que récemment que l’industrie a réalisé l’importance des crasses comme source de production secondaire. Selon les estimations, les crasses représentent environ 5 % de la production totale et peuvent produire près de 80 % d’aluminium. Cependant, le défi du recyclage des crasses réside dans leur production de scories salées en tant que déchets.

Aluminium recyclé et bas carbone : recyclable à l’infini

Contrairement au bois, au fer et à d’autres éléments, l’aluminium est un matériau 100 % recyclable. Autrement dit, même après 100 années d’utilisation, l’aluminium peut être encore récupéré et utilisé dans une chaîne de production.

La carrosserie des voitures et des trains vétustes, les assiettes, les conduits de ventilation et autres équipements réalisés en aluminium sont tous exploitables après recyclage. Cet aspect fait de l’aluminium, déjà troisième ressource abondante dans la nature, un matériau exploitable à l’infini. En faisant un recyclage de tous les produits à base d’aluminium, on réduit l’exploitation des ressources naturelles et l’atmosphère devient plus saine. L’aluminium recyclé et bas carbone est donc issu du recyclage.

À cet effet, chaque ville, chaque maison, chaque citoyen est une probable source d’approvisionnement en matière première. Cependant, il se pose un vrai problème de sensibilisation. Les utilisateurs sont très peu avertis et les points de collecte sont presque inexistants. Toutefois, une bonne campagne de sensibilisation sur l’impact de l’aluminium jeté dans la nature et sa valeur pour les nouvelles productions fera sans doute pencher la balance.

Par ailleurs, les procédés de transformation utilisés sont respectueux de l’environnement. À titre de rappel, l’aluminium recyclé peut être utilisé pour fabriquer des voitures, des fenêtres, des avions et tout ce qui nécessite l’utilisation d’aluminium. En fin de vie des différentes fabrications, l’aluminium est à nouveau recyclé. C’est un processus renouvelable et circulaire.

Aluminium recyclé et bas carbone : 95 % d’énergie économisée

La production d’aluminium primaire à base de bauxite est un procédé très énergivore. Une énorme quantité d’énergie est utilisée dégageant une grande quantité de CO2 dans l’environnement. Le dioxyde de carbone étant le principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique, il est opportun de mettre en place des procédés moins polluants.

Avec l’aluminium post-consommation, le processus de refonte ne nécessite que 5 % de l’énergie utilisée pour produire l’aluminium primaire. Le recyclage permet d’économiser 95 % d’énergie lors de la production, ce qui préserve les ressources fossiles utilisées en grande quantité autrefois.

fenêtre aluminium recyclé

Aluminium recyclé : – 85% d’émission de CO2

Les chaînes de production de l’aluminium recyclé exploitent l’énergie hydroélectrique, énergie issue des cours d’eau. Avec l’eau qui est une source intarissable, l’énergie hydroélectrique émet une faible quantité de dioxyde de carbone lors de la production. L’utilisation de l’aluminium recyclé permet ainsi une réduction d’environ 85 % de dioxyde de carbone. En effet, la fabrication d’un kilogramme d’aluminium primaire dégage 18 kg de CO2 dans l’atmosphère. À l’inverse, l’aluminium recyclé ne dégage que 2,33 kg de CO2 par kg de matériau recyclé.

L’objectif est d’atteindre un recyclage post-consommation total avec 0 production de gaz à effet de serre. À cet effet, l’énergie éolienne et l’énergie solaire sont des procédés déjà en cours d’utilisation puisqu’elles génèrent encore moins de CO2 que l’énergie hydroélectrique.

Perspectives et réalisations grâce au recyclage

De nombreuses entreprises investissent dans une technologie à faible émission de carbone pour recalibrer leurs méthodes de production. Certaines des plus grandes entreprises rencontrent déjà du succès avec le déploiement de leurs produits. D’autres se sont concentrées sur la production d’aluminium bas carbone au cours des deux dernières années et ont lancé des produits comme Reduxa et Circal.

Certains de ces produits ont été obtenus à l’aide d’hydroélectricité dans les usines et sont disponibles sous forme de lingots d’extrusion, de lingots de tôle, d’alliages de fonderie et de fil machine, avec une empreinte carbone inférieure à 4 tonnes de CO2 par tonne. D’autres utilisent un minimum de 75 % de contenu recyclé, qui est généralement de la ferraille post-consommation.

Compte tenu de la demande croissante d’aluminium recyclé et bas carbone de la part des industries de l’automobile, le négociant en matières premières Trafigura a lancé une plate-forme de financement de 500 millions de dollars pour la production d’aluminium. Cette plate-forme est présentée comme une première dans l’industrie. Les fonds seront fournis par Natixis et Rabobank à un taux d’intérêt préférentiel à Trafigura, ils serviront à payer les primes pour l’aluminium vert.

De nombreux experts de l’industrie pensent que le passage à des sources d’énergies renouvelables pour l’énergie électrique n’est pas le seul changement que l’industrie de l’aluminium doit subir pour protéger durablement la nature. Au contraire, une approche plus holistique est nécessaire, et devra tenir compte de facteurs tels que l’extraction et le raffinage de la bauxite et de l’alumine ainsi que des sous-produits. Au nombre de ces derniers, nous avons la brasque usée, les anodes et cathodes en carbone dans le processus d’électrolyse et les scories de sel provenant du recyclage des crasses. Malgré tout, le processus de recyclage de l’aluminium est en train de se structurer, et de belles perspectives s’annoncent pour réduire sensiblement l’empreinte carbone.

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn