Le président d’une SASU est assimilé salarié au regard de la Sécurité sociale : il dépend du régime général pour la maladie, la retraite de base et la retraite complémentaire, mais il n’a pas d’assurance chômage automatique. Ce statut offre une protection sociale proche de celle d’un salarié classique, au prix de cotisations sociales plus élevées que celles d’un travailleur non salarié (TNS). Le choix entre se rémunérer majoritairement par salaire ou par dividendes influe donc à la fois sur la protection personnelle et sur la trésorerie de l’entreprise.
Qu’est-ce que l’assimilé salarié ?
L’assimilé salarié signifie affiliation au régime général de la Sécurité sociale (maladie, invalidité-décès, retraite de base, retraite complémentaire), sans ouverture automatique au régime d’assurance chômage. En pratique, cela veut dire : prise en charge des soins et indemnités journalières sous conditions, validation de trimestres pour la retraite, et cotisations vers des caisses similaires à celles des salariés. Les cotisations sont calculées sur la base du salaire brut déclaré.
Coût réel pour l’entreprise : comment passer du net au coût employeur
Pour mesurer l’impact sur la trésorerie, il faut convertir le salaire net souhaité en coût employeur. À titre indicatif et sur des montants courants :
- Part salariale : environ 20–25 % du salaire brut (varie selon les régimes et exonérations).
- Part patronale : généralement comprise entre 35 et 45 % du salaire brut selon la structure des cotisations (contributions sociales, retraite complémentaire, allocations familiales, etc.).
Exemple simple (chiffres indicatifs) : pour obtenir 2 000 € net par mois (24 000 € net par an), le salaire brut mensuel est d’environ 2 600 € et le brut annuel d’environ 31 200 €. Avec des cotisations patronales équivalentes à 40 %, le coût employeur annuel serait de l’ordre de 31 200 × 1,40 ≈ 43 680 €.
Dividendes : fiscalité et impact sur la protection
Les dividendes versés aux associés sont soumis, pour la plupart des cas, au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux). Les dividendes ne génèrent pas de droits sociaux (pas de validation de trimestres retraite, pas d’indemnités journalières). Ils restent donc moins protecteurs au plan social, même s’ils constituent souvent une solution intéressante pour optimiser la trésorerie personnelle.
Pour comparer sur base annuelle : si vous voulez un équivalent net de 24 000 € via des dividendes, il faut distribuer environ 24 000 / 0,70 ≈ 34 285 € de dividendes bruts avant PFComme les dividendes sont versés sur les bénéfices après impôt, il faut aussi tenir compte de l’impôt sur les sociétés (IS). Avec un IS à 25 % par exemple, pour obtenir 34 285 € nets de distribution il faut un bénéfice avant IS d’environ 34 285 / 0,75 ≈ 45 713 €.
Comparaison chiffrée et enseignements
Comparer le coût employeur d’un salaire et le montant de bénéfice nécessaire pour verser des dividendes équivalents met souvent en lumière des écarts plus faibles que prévu : dans l’exemple ci‑dessus, le coût employeur pour payer 24 000 € net en salaire est de l’ordre de 43–44 k€ par an, tandis que pour verser 24 k€ net en dividendes il faut générer environ 45–46 k€ de résultat avant impôt. Les mécanismes fiscaux et sociaux font que l’écart dépend fortement des taux appliqués (cotisations sociales, IS, PFU) et des exonérations possibles.
Cependant, la différence majeure n’est pas uniquement financière : le salaire crée des droits sociaux (retraite, indemnités journalières en cas d’arrêt maladie, droits à la protection sociale), alors que les dividendes n’en créent pas. En outre, une partie du salaire est déductible du résultat imposable de la société, ce qui réduit l’assiette de l’IS, contrairement aux dividendes.
Conseils pratiques
- Privilégier un mix salaire + dividendes : rémunération de base en salaire pour garantir un minimum de protection (validation de trimestres, couverture maladie) et distribution de dividendes lorsque la trésorerie le permet.
- Simuler plusieurs scénarios avec votre expert‑comptable : les taux de cotisations, l’IS applicable, et les éventuelles exonérations peuvent fortement modifier les chiffres.
- Envisager des solutions complémentaires : retraite complémentaire privée, prévoyance et mutuelle pour compléter les manques laissés par une rémunération essentiellement en dividendes.
- Penser à la trésorerie de l’entreprise : le versement de dividendes nécessite des bénéfices suffisants et ne doit pas mettre en danger le fonds de roulement.
Le choix entre salaire et dividendes pour le président d’une SASU dépend du compromis recherché entre protection sociale et optimisation de la trésorerie. Les chiffres montrent qu’il n’y a pas de solution universelle : un mix réfléchi et des simulations personnalisées, réalisées avec un expert‑comptable, restent la meilleure approche pour arbitrer entre coût pour l’entreprise et sécurité du dirigeant.





